SOMMAIRE

retour au sommaire

 

PRESENTATION DU LABORATOIRE

 

INTRODUCTION

          I.Historique

II.  Ecologie

III. Caractères bactériologiques

          A. Morphologie et structure

          B. Caractères métaboliques et facteurs de croissance

          C. Caractères culturaux

          D. Facteurs de virulence

IV. Pouvoir pathogène et immunité

V.  Epidémiologie

VI. Legionella et environnement

VII. La circulaire DGS n° 98/771 du 31 décembre 1998

VIII. La norme AFNOR T 90-431 (novembre 1993)

 

MATERIEL ET METHODES

I.    Echantillonnage

II.  Matériel

III. Milieux de culture

          A. Diluants

B.  Milieux de culture

IV. Précautions de manipulation

V.  Mode opératoire

A. Préparation  de l’échantillon

- Dilution

- Concentration

B. Traitement du concentré

- Traitement thermique

- Traitement acide

C. Incubation

D. Dénombrement des Legionella

E. Repiquage des colonies caractéristiques pour confirmation

 

RESULTATS

I.    Expression des résultats

                   A. Boîtes ensemencées en direct

                   - Une des deux boîtes fournit un nombre exploitable de colonies confirmées

- Les deux boîtes ¬ et ­ donnent des nombre exploitables de colonies confirmées

                   B. Boîtes ensemencées après concentration

II.  Les essais

 

DISCUSSION

 

CONCLUSION

 


 

 

PRESENTATION DU LABORATOIRE

 

 

 

 

          Le laboratoire DEFRANCE est une société privée de type SELAFA.

Il s’agit d’un groupe implanté dans 3 villes de Seine-Maritime :

          Neufchâtel-en-Bray, où a été créé le premier laboratoire par le fondateur, Monsieur DEFRANCE, en 1958. A présent, c’est sa belle-fille, M.J. DEFRANCE qui est le Président Directeur Général de la société.

Dans ce laboratoire, travaillent également une directrice, Madame C.REBOUL, et deux directrices adjointes, Mesdames A DEHONGER et C.GANDELIN.

Ce sont dans ces locaux de Neufchâtel, que se font une grande part des analyses telles que : hématologie, l’immuno-hématologie, l’immuno-enzymologie et la recherche de protéines spécifiques.

          Une première annexe a été ouverte à Aumale en Mai 1995 par le deuxième fils du fondateur, Monsieur A. DEFRANCE, qui en est le directeur.

Les examens de coagulation et d’électrophorèse y sont réalisés.

          Le troisième laboratoire, celui de Forges-les-Eaux, placé sous la direction de Monsieur P. BAILLY, Pharmacien-Biologiste, a ètè inauguré le 24 Février 1997.

La bactériologie, la parasitologie, la détection par PCR de Chlamydiae trachomatis et du virus de l’Hépatite C, et l’immunofluorescence sont les 4 domaines d’analyse de ce laboratoire.

De plus, afin de traiter les analyses biochimiques, le laboratoire DEFRANCE s’est associé avec les Laboratoires de Saint-Pierre et du Puits-Salé formant ainsi une Société Civile de Moyens (SCM).


 

INTRODUCTION

 

 

I. Historique

 

          En 1976, à Philadelphie, lors d’un congrès de l’American Legion, plus de 200 participants ont été frappés par une forme de pneumonie foudroyante inconnue ; 40 morts furent déplorés. Après une très longue et spectaculaire enquête, en janvier 1977, le « Center for Disease Control » (CDC) d’Atlanta annonça la découverte par Mc. Dade et son équipe d’une nouvelle espèce bactérienne responsable de cette maladie appelée, compte tenu des circonstances « maladie des légionnaires ». Depuis cette découverte, de nombreux travaux notamment rétrospectifs, ont montré que cette maladie avait, en fait, déjà été observée dans le passé, notamment à Pontiac en 1968, mais n’avait pas été identifiée précisement . Depuis d’autres bactéries de ce type ont été découvertes et le terme de « Légionelloses » est choisi pour désigner toutes les infections dont elles sont responsables. Ces bactéries, les Legionella, sont rassemblées dans la famille de Legionellaceae.

 

II. Ecologie

 

          Les Legionella font partie de la flore aquatique et sont trouvées dans de nombreux réservoirs et sources d’eaux douces, naturels ou artificiels. Elles n’ont encore jamais été isolées dans l’eau de mer, ni dans la terre sèche ou chez l’animal. Dans les eaux douces naturelles, elles ont été isolées à des températures variant de 0°C à 60°C mais le plus souvent à 40°C.

En ce qui concerne les réservoirs artificiels, les Legionella ont notamment été isolées dans les systèmes de climatisation, dans les réseaux de distribution d’eau potable (douches, robinets...), dans des équipements médicaux chirurgicaux généralement alimentés en eau du réseau (humidificateur). Dans tous ces systèmes, les facteurs physico-chimiques favorables à leur survie et leur multiplication sont : la température de l’eau, plutôt chaude (35 à 45°C), la présence de dépôts organiques et d’autres micro-organismes (cyanobactéries, amibes libres...), la nature des constituants du réseau sources d’éléments minéraux stimulant leur croissance (fer, zinc, aluminium) et enfin tout élément du circuit responsables d’une stagnation de l’eau (réservoirs, bacs de condensation, espaces morts ou éléments obstruants d’un réseau).

Des arguments épidémiologiques et expérimentaux permettent de penser que la transmission des Legionella se produit à partir de sources contaminées par voie aérienne : aérosols constitués de petites particules d’eau et de bactéries en suspension. L’aérosol n’est infectieux que si le diamètre des particules d’eau est inférieur ou égal à 5µm.

L pneumophila (une espèce de Legionella) peut survivre 2h dans un aérosol dont l’humidité relative est de 65% ; les souches virulentes survivraient mieux que les autres. De rares Legionella ont été mises en évidence dans l’air, au voisinage d’une douche contaminée en fonctionnement. L’infection expérimentale du cobaye par inhalation d’aérosols infectieux permet de reproduire chez l’animal une pneumonie comparable à celle observée chez l’homme.

 

III. Caractères bactériologiques

A. Morphologie et structure

 

          Les Legionella sont des bacilles qui mesurent 2-4 x 0,5-0,7µm avec assez souvent des formes longues (20µm). Ils sont à Gram négatif. Ce sont des bâtonnets droits avec un aspect en fuseau. Ils possèdent un ou parfois deux flagelles polaires et des inclusions lipidiques. La division bactérienne se fait par étranglement du corps bactérien. Les coupes de bactéries examinées au microscope électronique montrent une paroi caractérisée par la présence :

          - de peptidoglycane de structure proche de celle des autres bacilles Gram négatifs, d’une membrane externe dont l’analyse électrophorétique (SDS-PAGE) révèle chez toutes les souches de L pneumophila la présence d’une protéine dite majeure ayant un poids moléculaire de 29Kda ;

          - d’acides gras ramifiés cellulaires. Ces acides gras ramifiés, fréquents chez les bacilles Gram négatifs et toujours en faible quantité. Chez les Legionella, ils arrivent à constituer jusqu'à 90% de l’ensemble des acides gras. Cette composition est à rapprocher de celle de certaines bactéries aquatiques thermophiles. La composition en acides gras permet de différencier les espèces de Legionella. En effet, chaque espèce à un profil caractéristique en chromatographie phase gazeuse des acides gras estérifiés.

 

B.Caractères métaboliques et facteurs de croissance

 

          Les acides aminés ont un rôle indispensable dans le métabolisme des Legionella lors de leur croissance.

Parmi les plus importants, on peut citer l’arginine, l’acide L-glutamique, source d’énergie et la L-cystéine. L’exigence en L-cystéine, caractéristique des Legionella, est un élément fondamental de leur identification. Même après adaptation, la L-cystéine reste indispensable à leur culture. La présence de fer apporté sous forme de pyrophosphate est également nécessaire à leur croissance en particulier lors du primo-isolement.

 

C.Caratères culturaux

 

          Les Legionella sont des bactéries aérobies strictes dont la croissance est favorisée par la présence de CO2 (2,5%), surtout lors du premier isolement. Elles cultivent en milieu légèrement acide, pH 6,9 mais tolère des pH inférieurs à 6,5 et même à 5,5 ; ces pH maintiendraient la cystéine, nécessaire à leur culture, à l’état réduit. La température optimale est de 35°C mais L pneumophila peut cultiver à 42°C et parfois même à 50°C.

          Le milieu gélosé qui convient à la culture des Légionella est le milieu CYE (Charcoal Yeast Extract) agar à base d’extrait de levure, de L-cystéine, de pyrophosphate ferrique et de charbon. Sur ce milieu la croissance est visible en 3 à 7 jours à partir de produits pathologiques, parfois plus tard. Les colonies sont grises, muqueuses, polymorphes et présentent un aspect dit en « verre brisé » lorqu’elles sont observées à la loupe binoculaire.

 

 

D. Facteurs de virulence

 

          Parmi les facteurs de virulence identifiés, certains correspondent à des constituants structuraux de la bactérie : le LPS est une couche polysaccharidique plus ou moins reconnue comme glycocalyx intervenant dans l’adhésion des Legionella aux substances inertes (biofilm) et à la muqueuse respiratoire.

 

 

IV. Pouvoir pathogène et immunité

 

          Les légionelloses se présentent essentiellement comme des infections pulmonaires aigües. La durée d’incubation est de 2 à 10 jours. Après un début pseudo-grippal (fièvre, toux sèche), le malade se présente avec un tableau sévère : température élevée, malaises, douleurs abdominales accompagnées parfois d’importants troubles psychiques.

          L’examen clinique et la radiographie pulmonaire mettent en évidence des signes d’atteinte pulmonaire, parfois une pleurésie. Deux complications sont fréquentes et souvent fatales : insuffisance respiratoire irréversible et insuffisance rénale aigüe. IL existe des facteurs favorisants comme l’âge (moyenne de 50 ans), le sexe (masculin), le tabagisme et l’éthylisme, les traitements immuno-suppresseurs et les maladies sous-jacentes (cancer, diabète...). Le pronostic peut être en relation avec certains de ces facteurs, ainsi qu’avec la précocité du traitement antibiotique spécifique ; 10 à 15% des cas restent mortels (20 à 30% chez les immunodéprimés). D’autres localisations ont été observées en association ou non avec une pneumonie.

          La porte d’entrée de l’agent infectieux se situe au niveau du tractus respiratoire (inhalation d’aérosols) et l’impact a lieu au niveau de l’alvéole pulmonaire. Les Legionella sont des bactéries à croissance intracellulaire, les autres localisations peuvent probablement s’expliquer par une difusion bactérienne par voie endo-bronchique, lymphatique ou sanguine ; par contre, concernant les formes inhabituelles, le mécanisme pathogénique reste hypothétique avec en particulier le rôle possible de toxines sécrétées par les Legionella.

          A côté de ces formes classiques ou « maladie des légionnaires », il existe une forme bénigne dite fièvre de Pontiac caractérisée par une incubation courte (36h), un taux d’attaque de 95%, l’absence d ‘atteinte pulmonaire et une évolution spontanément favorable. Sa pathogénie reste inconnue.

 

V. Epidémiologie

 

Les légionelloses observées dans tous les pays où elles sont recherchées apparaissent sous trois formes épidémiologiques :

          - anadémies (exemple : Philadelphie en 1976, Pontiac en 1968) c’est-à-dire une contamination multiple sans contagion interhumaine ;

          - endémies (hôtels, hôpitaux). Les situations endémiques résultent soit de retards au diagnostic, soit de difficulté d’éradication de la source infectieuse ;

          - cas sporadiques, les plus fréquents.

         

Dans la forme la plus classique de légionellose, le taux d’attaque varie selon les situations mais est en moyenne de 1,5%. Dans la forme « fièvre de Pontiac » il est de l’ordre de 95 à 100%. Les légionelloses s’observent toute l’année avec un pic saisonnier en été ou à l’automne.

La voie de transmission la plus communément admise, bien que non véritablement démontrée, est l’inhalation d’aérosols infectieux ; cependant l’aspiration directe à partir de la flore oropharyngée a été suspectée (intubation lors d’interventions chirurgicales, noyades) de même que la contamination par voie digestive. L’existence de portage sain et la contagion interhumaine n’ont encore jamais été documentées.

En raison de la diversité des méthodes utilisées, il est difficile de connaître précisement l’incidence des légionelloses. Les Legionella seraient responsables de moins de 1% des pneumopathies soignées à domicile, 5 à 15% de celles hospitalisées et 15 à 25% des pneumopathies nocosomiales.

 

VI. Legionella et environnement

 

La caractère ubiquitaire des Legionella a été reconnu parallèlement à la découverte des nouvelles espèces de Legionella.

Des Legionella et/ou des « maladies des Légionnaires » ont été reconnues sur tous les continents et dans tous les pays où elles ont été cherchées.

Depuis 1976, des milliers de cas de maladies des légionnaires ont été reconnus dans le monde entier. Son incidence annuelle est estimée à 20000 cas aux Etats-Unis. En France, plusieurs centaines de cas ont été diagnostiqués depuis septembre 1979 et, à Paris, la maladie des légionnaires pourrait représenter 4% des pneumopathies hospitalisées.

Dans trois pays (USA, Grande Bretagne, France) des études systématiques ont été effectuées dans l’environnement et le résultat est identique : Legionella est un germe banal normalement présent autour de nous.

Aux USA, Legionella est mis en évidence dans la quasi-totalité des lacs et cours d’eau étudiés et à Paris 70% des robinets d’eau chaude sont contaminés.

A la suite de l’anadémie de Philadelphie, les systèmes de climatisation ont été considérés comme les principaux responsables. Actuellement, c’est l’eau qui est à l’origine du plus grand nombre de cas, la pénétration pulmonaire du germe se faisant par aérosolisation d’eau contaminée (douches, aérosols provoqués par un robinet ouvert...).

 

VII. La circulaire DGS n° 98/771 du 31 décembre 1998

 

Aussi, afin de mettre en place de bonnes pratiques d’entretien des réseaux d’eau dans les établissements de santé, la Direction Générale de la Santé a publié la circulaire DGS n° 98/771(page de présentation : Annexe I) le 31 décembre 1998. Elle précise également les moyens de prévention du risque lié aux Legionella dans les installations à risque et dans celles recevant du public.

Ce document était devenu nécessaire à l’issue de plusieurs cas de légionelloses communautaire ou nocosomiale apparues en 1997 et 1998.

          « La qualité microbiologique de l’eau est un paramètre essentiel de la maîtrise du risque nocosomial. »

En effet, dans les établissemnts de santé, les personnes affaiblies sont sensibles à une contamination de l’eau par les Legionella. Une contamination même faible par ces bactéries constitue un réel danger sanitaire particulièrement pour les sujets atteints d’une affection de l’appareil respiratoire ou présentant une déficience immunitaire. Cela représente une part importante de patients.

Cette circulaire implique en particulier la mise en œuvre d’une surveillance de la contamination des réseaux de distribution d’eau par la recherche des Legionella sur des prélèvements effectués dans les réservoirs, ballons d’eau, installation à risque (tours aéroréfrigérantes, installations de conditionnement d’air...) au moins une fois par an  ainsi qu’au niveau de deux points d’usage par tranche de 100 lits (et au minimum 10 points d’usage).

Xxxx

 

Ces analyses doivent être effectuées en respectant la norme NF T 90-431 de novembre 1993.

 

VIII. La norme AFNOR T 90-431 (novembre 1993)

 

Ce document décrit une méthode générale pour la recherche et le dénombrement des Legionella dans les eaux. Il sert de référence dans certaines normes françaises pour l’analyse microbiologique de type d’eaux particuliers (eaux potables, eaux de baignade, eaux de surface, etc.) actuellement en cours d’élaboration à l’AFNOR (Association Française de NORmalisation).

Cette méthode, faisant appel à un milieu sélectif, peut être appliquée à tous les types d’eaux (eaux destinées à la consommation humaine, eaux chaudes sanitaires, eaux industrielles, eaux naturelles, eaux thermales, etc.).

L’échantillon d’eau est ensemencé directement sur milieu sélectif et en parallèle, il est filtré sur membrane en polycarbonate, de diamètre de pore 0,45µm, avec remise en suspension par grattage. Le concentré obtenu est décontaminé, d’une part par traitement thermique, d’autre part par traitement acide. Le concentré avant et après décontamination est ensemencé sur milieu sélectif. Les milieux sont mis à incuber pendant 3 à 10 jours à 37°C ± 1°C. Les colonies typiques sont repiquées pour la recherche de bactéries exigeantes en L-cystéine et la mise en évidence des Legionella. 


retour au sommaire